La Côte d’Ivoire n’est pas à l’abri du phénomène Charles Ponzi et Bernard Madoff
Charles Ponzi et Bernard Madoff sont des personnes très réputées dans le monde en matière d’escroquerie. Le premier est mort. Quant au dernier, en l’occurrence Barnard Madoff, dont l’acte répréhensible est très récent, il est condamné à passer 150 ans en prison. Mais, plus curieux que cela puisse paraître, les actes de ces personnalités hors-classe, ont inspiré des Ivoiriens, qui urgent de la casquette d’hommes d’affaires pour gruger leur propres citoyens. On en rencontre dans les opérations d’aide d’octroi de véhicules ou de tout autre engin et dans les opérations immobilières. Depuis peu, le bruit de l’arrestation de ces vendeurs d’illusions circulent. Mais, la plupart bénéficiant des parapluies, ils sont tous en liberté.
L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de l’amener, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. Certains types d’escroquerie relèvent de la criminalité financière ou «en col blanc ». Partout dans le monde, l’escroquerie est punie (liberté privative et paiment d’amendes). En Côte d’Ivoire, bien que les ‘’faussaires’’ savent le coût du délit, ils excellent tout de même. Quant à la cavalerie, elle est une escroquerie basée sur une course permanente entre la collecte de nouveaux fonds et des paiements visant à donner confiance. Une vitrine fictive sert à expliquer les gains auprès des bailleurs de fonds. Ainsi procédait l’escroc Italo-américain, Charles Ponzi, concepteur d’un mode d’escroquerie élaboré sur une chaîne d’emprunt. Cette technique d’escroquerie, repose sur un système simple, mais fragile. De fait, chaque emprunt devait être assuré par un nouvel emprunt plus élevé. Pour que les recettes continuent à couvrir les engagements, il faut une croissance des souscriptions. Dès que celle-ci se ralentit, la cessation de paiement fait découvrir le système de cavalerie. Des indices retracent le mode opératoire des arnaqueurs et grands escrocs à col blanc qui sévissent dans le milieu des affaires en Côte d’Ivoire. Il y a en ce moment beaucoup de bruit, mais personne n’ose en parler. L’exemple typique était les maisons de placement avec des intérêts allant de 50 à 100%.
L’escroquerie Charles Ponzi et Bernard Madoff
Ces systèmes bien connus des Ivoiriens, principalement des arnaqueurs, sont utilisés dans plusieurs secteurs. Au départ, c’était avec les ‘’Maisons de placement’’, phénomènes apparentés aux méthodes et pratiques de Charles Ponzi et de Bernard Madoff. Etant coincés à la fin du cycle, comme c’est le cas, la plupart du temps, dans ce cadre de cette opération d’escroquerie, les promoteurs desdites maisons de placement avaient fait croire à leurs différents souscripteurs que c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui empêcherait les décaissements. Certains ne manquaient pas de déclarer aux souscripteurs: ‘’Votre argent se trouve avec l’Etat’’. Or, avec le système de Charles Ponzi et de Madoff, c’est une évidence que les promoteurs de ces maisons de placement soient à court de moyens. Ce qui arriva, en fin de compte, étant donné qu’ils n’ont pu honorer leurs engagements vis-à-vis des membres qui se sont engagés dans cette opération basée sur le nombre des nouveaux adhérents et de leur capacité de mobilisation de ressources financières. Et les principales victimes de cette escroquerie organisée étaient donc les épargnants qui n’ont pu ni être payés, ni entrés en possession de leur capital de dépôt. Ce système de ‘’vol organisé et modernisé’’ est pressenti dans certaines opérations immobilières en cours actuellement. Le principe est très simple. Des individus se réclamant promoteurs en Côte d’Ivoire proposent à des villageois de lotir leurs espaces moyennant des trentaines de terrains. Une fois cela est fait et l’espace demandé est obtenu, ces mêmes promoteurs font la promesse à des groupes d’Ivoiriens de leur volonté de bâtir des maisons à moindre coût. Généralement pour ce type d’opération, il y a plus de souscripteurs que de maisons disponibles. Pis, ces mêmes maisons sont proposées à des prix très exorbitants à d’autres acquéreurs plus nantis. L’arnaque ici, c’est que les maisons sont vendues quoiqu’elles ne soient pas encore construites. Les quelques personnes à avoir eu des maisons, ont été les premiers cotisants. Les derniers qui rêvent de souscrire à une belle opération, sortent toujours perdants. C’est toujours en ce moment que l’on se rend compte de la supercherie, comme l’ont fait Charles Ponzi et Bernard Madoff. Dans diverses opérations en cours actuellement en Côte d’Ivoire, l’on découvre la méthode de ces deux escrocs. Il en est de même pour des opérations du genre ‘’cotisez 200 FCFA/jour pour devenir propriétaire de taxis compteurs’’. En réalité, ce ne sont pas tous les adhérents qui auront des véhicules. L’autorité judiciaire qui enquête sur le phénomène ‘’Charles Ponzi et Bernard Madoff ivoirien’’, est très à l’aise. Désormais déterminée à combattre l’escroquerie dans toutes ses formes, la justice suit de près ces criminels qui ternissent l’image de la Côte d’Ivoire, déjà mal perçue par Doing Business, une référence en matière d’investissement.
L’exemple typique qui a inspiré les Ivoiriens
L’exemple canonique est basé sur une fausse entreprise qui ouvre des comptes dans deux banques. Un premier emprunt est fait dans la première banque, l’argent sert à justifier auprès de la seconde banque la possibilité de faire un nouvel emprunt (plus gros), qui sert à payer le premier emprunt, etc. Le système s’écroule, lorsque l’escroc n’obtient pas le n-ième prêt : il sait alors qu’il ne pourra pas rembourser le ou les prêts précédents qui restent et qu’il est temps pour lui de prendre sa retraite, au soleil ou à l’ombre… Une autre forme de cavalerie est basée sur les dates de valeur : une entreprise A demande à une entreprise B de lui faire un chèque d’un montant de 100 et lui fait également un chèque du même montant. Le jour de l’encaissement de son chèque, l’entreprise A voit son compte crédité de 100. À cause des dates de valeur, le débit réel sur le compte de B ne sera fait que quelques jours après (2 ou 3 jours). De ce fait, de la « monnaie de singe » est créée (et créditée) sur les comptes de A et de B, qui devrait s’évaporer quelques jours plus tard, au moment du débit des comptes. Juste avant le jour du débit, l’entreprise A (qui a utilisé ou volé les 100 crédités) fait appel à une autre entreprise C pour faire la même chose, mais avec un montant supérieur (disons 200), puisqu’il faudra couvrir le chèque de 100 fait à B. Ce jeu continue, jusqu’à ce que l’entreprise A ne trouve plus de complice acceptant la manigance. Le système s’effondre alors. Ce système peut même être amplifié avec les effets de commerce, payable qu’après 30, 60 ou même 90 jours. On parle de cavalerie lorsqu’un client prend un crédit à la consommation pour rembourser un autre qu’il n’arrive plus à rembourser. En général, le nouveau crédit pris est plus cher que le premier, puisque plus facile à contracter. Pratiquement dans le même registre que l’Italo-américain, Charles Ponzi, le courtier Bernard Madoff va se révéler au monde entier l’année dernière, en tant que chef de file du plus grand réseau d’escroquerie de l’histoire de Wall Street. Sa méthode était basée sur un système de fraude dite «pyramidale» ou «de Ponzi». Où généralement les derniers cotisent pour les premiers. Au fur et à mesure que la base se rétrécie, les paiements prennent fin et mettent à nu tout un réseau.
Il faut tuer le poussin dans l’œuf
Le climat actuel ne sied plus à des soulèvements, parce qu’on aurait été arnaqué ou escroqué par un tiers. Informées de l’existence d’un tel phénomène, les autorités ivoiriennes n’ont donc pas à laisser la situation pourrir. La moralisation de la vie publique faisant partie du rôle régalien de l’Etat, il doit la faire appliquer à tous les niveaux. L’Etat a cette obligation d’en faire un combat prioritaire, en mettant fin à certaines pratiques en cours actuellement et qui sont susceptibles de ternir l’image de la Côte d’Ivoire.
Honoré Kouassi